Saison 3 : Le passage de la Liguria
En l’an 471, je menai mes guerriers jusqu’aux rives de la Liguria, cette grande rivière qui séparait l’Armorique des terres occupées par les Wisigoths.
Je regardai ses eaux couler devant moi, et je sus que nous étions arrivés aux portes du royaume de Gesalec.
Sous la Bannière du Corbeau, mes guerriers embarquèrent. Nous affrontâmes le courant, puis posâmes le pied sur la rive ennemie. Pour la première fois, nos boucliers brillèrent sur les terres des Goths.
Mais Gesalec nous attendait.
Ses guerriers se ruèrent sur nous comme une tempête. Le sang coula sur les rives de la Liguria et, pendant des heures, mes hommes tinrent face aux hordes gothiques.
Nous fîmes payer chaque pas à l’ennemi.
Mais nous étions venus pour établir une tête de pont, et je ne pus l’obtenir.
J’ordonnai donc la retraite.
La bataille était perdue. Mais je refusai de laisser les Goths goûter à leur victoire sans en payer le prix.
Avant de reprendre la mer, je donnai mes ordres.
Brûlez leurs champs. Videz leurs greniers. Prenez leurs troupeaux.
Alors le feu se répandit dans les campagnes wisigothiques.
Leurs récoltes brûlèrent. Leurs réserves furent emportées. Leurs troupeaux prirent le chemin de l’Armorique avec nous.
Lorsque nos navires quittèrent enfin leurs terres, Gesalec pouvait proclamer sa victoire.
Il avait repoussé les Britons.
Mais derrière nous, ses champs n’étaient plus que cendres et ses greniers étaient vides.
Il avait gagné la bataille.
J’avais perdu la terre.
Mais son peuple allait payer le prix de notre venue.
Je ne conquis pas les terres de Gesalec.
Mais je frappai son royaume au cœur.
Qu’il chante donc sa victoire dans ses grandes salles. Qu’il raconte comment il chassa Bran au-delà de la Liguria.
Moi, je me souviendrai du chemin.
Nous traversâmes cette rivière une fois.
Nous savons maintenant comment la franchir.
Et lorsque nous reviendrons, je ne viendrai pas pour repartir.
Je suis Bran, fils de Britannia, Seigneur des Britons d’Armorique.
Mon épée sera le glaive de notre peuple, mon bouclier sera son rempart, et tant que je vivrai, le Dragon Rouge ne cessera de combattre.
Onan hag Oll !
An Dhragon Ruw A Dro Rag !
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